28 jours plus tard, 28 semaines plus tard et bientôt 28 mois plus tard.
Je me rappelle de la première fois où j’ai regardé 28 jours plus tard: quel choc! Les premières minutes déstabiliseraient un partisan UMP déguisé en sarkozy: les images de Londres, entièrement vide, avec Jim qui déambule, médusé, dans les rues est pfft… énorme!

Cela parait simple, mais l’idée de présenter une grande métropole complétement vidée des habitants, touristes, travailleurs, …, est choquante. Choquante car complétement inhabituelle: personne, pas de bruit sauf le vent et quelques oiseaux ou autres bruits naturels. Tout s’arrête… mais pas tout à fait: bienvenue dans 28 jours plus tard, 28 Days Later, par Dany Boyle.
28 jours plus tard raconte comment un dérivé du virus de la rage (le virus est d’ailleurs appelé “Rage” en VO) se propage en Angleterre, puis vers d’autres pays: les personnes contaminées deviennent incontrôlables, comme zombiefiés et ne cherchent qu’une chose: tuer.
Jim se réveille un matin (28 jours après le début de l’infection), dans son lit d’hôpital, seul. Tout autour de lui est sens dessus-dessous, il n’y a personne dans sa chambre, dans le couloir, dans l’hosto. Livré à lui même, il commence à errer dans les rues de Londres sans but quelconque. Sa rencontre avec un homme et une femme vont le mener directement là où, naturellement, chacun irait: trouver sa famille.
Alors ici, on se dit “ok, un film de zombies lambda, façon Romero mais qui courent au lieu de se traîner”.
Eh bien non, 28 jours plus tard, c’est bien plus que cela.
Comme je le disais plus haut, le film choque, mais pas seulement pour son aspect vidé de toute présence humaine. Les personnages, vivants et crédibles, ajoutent une touche “magique” à cet ensemble. Les relations entre personnages sont vraisemblables, les dialogues sonnent justes (et il n’y a pas de longueurs inutiles ni de longueurs tout court…) et la race humaine est présentée comme à son habitude: ignoble, vil et égoïste (je pense à la 2è partie, dans le manoir, en particulier).
C’est ce qui m’a le plus choqué: l’être humain est représenté comme mauvais, dans le sens littéral du terme. Les infectés n’ont plus de conscience (comme des animaux), ils agissent par instinct. Le virus, lui, se reproduit, les infectés sont les véhicules de celui-ci.
C’est là un des plus grande force du film: l’être humain, quelle que soit la situation, montre toujours son mauvais côté, quel que soit la situation dans laquel il évolue. Je me demande, d’ailleurs, au passage, si Romero n’est pas obsédé par ce thème.
Ajoutez à cela une image granuleuse (du bruit), un résultat un peu roots (je crois que le film a été filmé au DV) et une photographie hallucinante: la forme est complétement en adéquation avec le fond. C’est crade, ça suinte, ça saigne…
A mon sens, et malgré quelques petits défauts (mais qui ne gênent en rien), vous avez ici un film à voir absolument. Car il fait réfléchir: celui qui s’arrêtera à la forme passera à côté d’un monument du cinéma mais également d’une critique fabuleuse de la société, de l’espèce humaine ainsi que d’une réflexion qui en vaut la peine


